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PFAS cosmétiques interdiction 2026 : ce qui change vraiment pour ton mascara waterproof, ton fond de teint longue tenue et tes rouges à lèvres, avec la loi n° 2024-364, les avis ANSES et les restrictions européennes.

PFAS cosmétiques interdiction 2026 : ce qui disparaît vraiment de ta trousse

La formule est claire : en France, la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 visant à encadrer les PFAS dans les produits cosmétiques prévoit, à partir du 1er janvier 2026, l’interdiction de la fabrication, de l’importation et de la mise sur le marché de la plupart des produits contenant ces « substances per- et polyfluoroalkylées », sous réserve de décrets d’application et d’éventuelles dérogations techniques précisées par voie réglementaire. Le texte, publié au Journal officiel du 23 avril 2024, renvoie à une définition large des PFAS inspirée des travaux de l’ECHA et du règlement REACH, couvrant plusieurs milliers de composés fluorés persistants. Ces molécules étaient utilisées pour rendre les mascaras waterproof, fonds de teint longue tenue et rouges à lèvres ultra résistants plus lisses, plus filmogènes, plus tenaces, au prix d’un impact lourd sur la santé et l’environnement documenté par l’ANSES (avis et rapports depuis 2019) et par l’Agence européenne des produits chimiques. Résultat très concret pour toi : les produits cosmétiques contenant des PFAS sont progressivement retirés des rayons, et les étagères se remplissent de nouvelles formules sans ces polluants éternels, en anticipation de l’interdiction complète annoncée et des futures échéances fixées par les textes d’application.

Dans le détail, les familles les plus touchées sont les mascaras waterproof, les liners longue durée, les fonds de teint haute couvrance, les bases lissantes et certains rouges à lèvres liquides fixés comme du béton. On y trouvait souvent des dérivés fluorés identifiés comme PFAS au sens large, sous les mentions INCI « PTFE », « Polytetrafluoroethylene », « Perfluorooctyl Triethoxysilane », « Perfluorodecalin », « Perfluorononyl Dimethicone » ou « Perfluoroalkyl Phosphate », qui assuraient glisse, résistance à l’eau et tenue extrême, mais contribuaient aussi à la contamination de l’eau et des sols. Les avis de l’ANSES sur les PFAS dans l’eau potable (valeurs guides publiées en 2022) et les dossiers de restriction préparés par l’ECHA soulignent la persistance, la bioaccumulation et la toxicité de plusieurs familles de composés fluorés. Avec l’interdiction des produits contenant des PFAS inscrite dans la loi française sur les polluants éternels, ces ingrédients sont désormais considérés comme des substances à éliminer des cosmétiques à horizon 2026, au même titre que d’autres polluants persistants déjà sortis des formules dans le cadre des réglementations européennes sur les substances chimiques préoccupantes.

Cette interdiction produits ne tombe pas du ciel ; elle s’inscrit dans un mouvement plus large en Europe contre les polluants éternels, déjà surveillés dans l’eau potable et dans certains produits textiles. Les PFAS migrent dans l’environnement, se retrouvent dans l’eau, les aliments et donc dans la consommation humaine, ce qui augmente les risques pour la santé de la population, notamment en matière de perturbations hormonales, d’effets sur la fertilité et de certaines pathologies chroniques, comme le rappellent les avis de l’ANSES (par exemple l’expertise de 2023 sur les PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine) et les dossiers de l’Agence européenne des produits chimiques. En toile de fond, les autorités de sécurité civile et de santé publique veulent réduire la quantité de PFAS dans l’environnement et dans le corps de la population, en ciblant tous les produits contenant ces substances, des cosmétiques aux vêtements en passant par certains produits textiles techniques, comme le rappellent l’ANSES, l’ECHA et le ministère de la Santé dans leurs pages dédiées aux substances per- et polyfluoroalkylées et aux polluants persistants.

Comment les marques reformulent : ce que tu verras sur les étiquettes

Les grands groupes n’ont pas attendu le dernier décret relatif aux PFAS pour bouger, car la pression des consommatrices clean était déjà là. L’Oréal, par exemple, a commencé à retirer progressivement les composés fluorés de plusieurs mascaras et fonds de teint, tandis que Guerlain a revu certaines bases et poudres pour limiter l’usage de polymères fluorés, sans le crier sur tous les packagings. Dans les enseignes comme Sephora, les collections dites « propres » ou « clean » affichent déjà des chartes excluant les PFAS, même si toutes ne couvrent pas encore l’ensemble des substances visées par la loi visant la réduction des polluants éternels, et que les listes d’ingrédients doivent toujours être vérifiées au cas par cas pour confirmer l’absence de PTFE ou de dérivés perfluorés.

Concrètement, pour repérer un produit reformulé, tu dois lire l’INCI comme tu lis la composition d’un yaourt, en traquant les mentions « PTFE », « Polytetrafluoroethylene », « Perfluoro- », « Polyperfluoro- » ou « Perfluoralkyl ». Si tu ne vois plus ces termes, c’est souvent le signe que le produit ne contient plus de composés fluorés de type PFAS, même si la marque ne met pas en avant l’interdiction des PFAS sur le front du flacon. Attention toutefois aux produits contenant d’autres polymères filmogènes ou silicones modifiés, qui remplacent parfois les PFAS pour assurer la tenue, mais ne sont pas tous équivalents en termes d’impact sur l’environnement ou la santé, comme le soulignent régulièrement les avis techniques de l’ANSES et les fiches d’information de l’Agence européenne des produits chimiques sur les polymères et les substances persistantes.

Les alternatives techniques existent déjà, et certaines tiennent très correctement sur une journée de travail, sans transformer ton démaquillage en combat de boxe. On voit monter les cires végétales (carnauba, riz, tournesol), les résines d’origine naturelle, les polymères non fluorés et les textures hybrides maquillage soin, qui misent sur la matière recyclée pour les packagings plutôt que sur des substances éternelles dans la formule. Le défi pour les marques reste de concilier la réduction de la quantité de PFAS dans les produits cosmétiques, la performance attendue par une population habituée aux mascaras indélébiles, et la conformité stricte au décret relatif aux PFAS qui encadre désormais chaque produit contenant des composés fluorés en France, tout en suivant les recommandations du ministère de la Santé et de la Prévention et les orientations européennes sur les polluants persistants.

Maquillage responsable après l’interdiction : comment acheter sans PFAS et sans paniquer

Pour toi, adepte de beauté bio et naturelle, la question est simple : comment continuer à avoir un smoky qui tient sans participer à la diffusion de PFAS dans l’eau et l’environnement. La première étape consiste à vérifier que ton mascara, ton fond de teint et ton rouge à lèvres ne sont plus des produits contenant des PFAS, en éliminant toute liste INCI où apparaissent des substances per- et polyfluoroalkylées, qu’elles soient nommées en toutes lettres ou cachées derrière un préfixe « perfluoro- ». Tu réduis ainsi ton exposition personnelle, mais tu limites aussi la contribution de ta trousse à la pollution de l’eau, des sols et des produits textiles lavés en machine, qui relarguent parfois des PFAS eau dans les réseaux, comme l’illustrent plusieurs rapports de surveillance environnementale publiés par les autorités sanitaires françaises et européennes.

Deuxième geste responsable : regarder au delà du maquillage et interroger aussi les vêtements et les produits textiles que tu portes au quotidien. Certains vêtements déperlants ou produits textiles techniques peuvent contenir des substances per- et polyfluoroalkylées, et la frontière entre un imperméabilisant pour vestes et un mascara waterproof est plus fine qu’on ne le pense, car la même famille de polluants éternels est en jeu. En choisissant des produits textiles sans traitement fluoré, des vêtements en matière recyclée contrôlée et des cosmétiques sans PFAS, tu réduis les risques pour la santé et pour l’environnement, tout en envoyant un signal clair aux marques sur les attentes de la population en matière de produits interdits à base de PFAS, dans la lignée des recommandations relayées par le ministère de la Santé et de la Prévention et les autorités de sécurité civile.

Reste la question très concrète de ton ancien tube de mascara waterproof, acheté avant l’interdiction produits et déjà ouvert. Tu peux le terminer si tu le souhaites, car la loi visant la réduction des PFAS cible surtout la mise sur le marché et non l’usage individuel, mais tu peux aussi décider de le déposer en point de collecte spécifique pour limiter la dispersion des polluants, plutôt que de le jeter avec les ordures ménagères. Dans la pratique, cela passe par les bacs de collecte en magasin, les filières de reprise organisées par les marques ou les déchetteries acceptant les petits contenants de cosmétiques, conformément aux consignes locales de gestion des déchets. Dans tous les cas, l’important est de faire évoluer progressivement ta trousse vers des produits cosmétiques formulés sans PFAS, en gardant un œil sur la loi en France, sur les futurs décrets relatifs aux substances éternelles et sur les informations fournies par les autorités de santé et de sécurité civile concernant les risques pour la population, en consultant notamment les pages de référence de l’ANSES et de l’ECHA.

Données clés sur les PFAS dans les cosmétiques et l’environnement

  • Les PFAS regroupent plusieurs milliers de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, utilisées dans les cosmétiques, les produits textiles et de nombreux usages industriels, comme les mousses anti-incendie ou certains revêtements antiadhésifs.
  • Ces polluants éternels sont très persistants dans l’environnement et peuvent contaminer durablement l’eau, les sols et la faune, avec une bioaccumulation observée dans différentes chaînes alimentaires selon les études compilées par l’ANSES et l’ECHA.
  • L’exposition de la population aux PFAS se fait principalement par la consommation humaine d’aliments et d’eau contaminés, mais aussi par certains produits contenant des PFAS, notamment les cosmétiques longue tenue et les textiles traités.
  • Les autorités de santé publique et de sécurité civile surveillent la quantité de PFAS dans l’eau potable et dans divers produits afin de réduire les risques pour la santé, en s’appuyant sur des valeurs de référence et des seuils de gestion régulièrement réévalués.
  • Les réglementations récentes en France et en Europe visent la réduction progressive des PFAS interdits dans les cosmétiques, les produits textiles et d’autres secteurs sensibles, avec des calendriers d’interdiction et des dérogations limitées pour certains usages techniques.

Questions fréquentes sur les PFAS et le maquillage longue tenue

Les mascaras sans PFAS tiennent ils vraiment aussi bien que les anciens waterproof ?

Les mascaras sans PFAS ont fait beaucoup de progrès, grâce aux cires végétales et aux polymères non fluorés qui assurent une bonne accroche sur les cils. La tenue extrême d’un ancien waterproof formulé avec des substances per- et polyfluoroalkylées reste difficile à égaler sous une pluie battante ou en piscine, mais pour une journée de bureau ou une soirée, les nouvelles formules tiennent largement la distance. La clé est de combiner une base de cils, un mascara bien essoré et un léger recourbement pour optimiser le résultat sans dépendre des PFAS, en choisissant de préférence des produits explicitement formulés sans composés fluorés persistants.

Comment savoir si mon fond de teint contient encore des PFAS ?

Pour vérifier la présence de PFAS dans un fond de teint, il faut lire la liste INCI et repérer les termes comme « PTFE », « Polytetrafluoroethylene », « Perfluorooctyl Triethoxysilane » ou tout ingrédient commençant par « Perfluoro- ». Si ces mentions apparaissent, le produit contient des composés fluorés de type PFAS et ne répond pas aux nouvelles exigences d’interdiction des PFAS dans les cosmétiques. En cas de doute, tu peux contacter le service consommateur de la marque, vérifier les informations disponibles sur son site et privilégier les gammes explicitement formulées sans PFAS ni dérivés perfluorés.

Les PFAS présents dans les vêtements peuvent ils influencer ma routine beauté ?

Les PFAS utilisés dans certains vêtements déperlants ou produits textiles techniques ne vont pas interagir directement avec ton maquillage, mais ils participent à la même pollution globale de l’environnement. Quand ces vêtements sont lavés, des PFAS peuvent se retrouver dans l’eau, contribuant à la contamination générale qui touche ensuite la consommation humaine. Adopter des vêtements sans traitements fluorés et des cosmétiques sans PFAS s’inscrit donc dans une même démarche de réduction des polluants éternels, cohérente avec les recommandations de santé publique visant à limiter l’exposition globale.

Que faire de mes anciens produits cosmétiques contenant des PFAS ?

Les anciens produits cosmétiques contenant des PFAS déjà ouverts peuvent être utilisés jusqu’à leur date de péremption si tu le souhaites, car la loi cible surtout la mise sur le marché et non l’usage privé. Si tu préfères t’en séparer, il est recommandé de les déposer dans des points de collecte spécifiques pour les déchets de cosmétiques ou en déchetterie, afin de limiter la dispersion des polluants dans l’environnement. Renseigne-toi auprès de ta commune, de ton magasin ou des filières de reprise partenaires de Citeo pour savoir où déposer ces produits, puis profite-en pour les remplacer par des alternatives sans PFAS, en vérifiant attentivement les listes INCI.

Les produits en matière recyclée sont ils forcément plus sûrs vis à vis des PFAS ?

Un packaging en matière recyclée n’est pas automatiquement synonyme d’absence de PFAS dans la formule, car ces substances concernent surtout le contenu et non le contenant. Certains plastiques ou textiles recyclés peuvent d’ailleurs provenir de flux où des PFAS étaient présents, ce qui impose des contrôles rigoureux et des cahiers des charges précis. Le meilleur réflexe reste donc de combiner des emballages en matière recyclée certifiée avec des formules clairement garanties sans substances perfluoroalkylées ni polyfluoroalkylées, en s’appuyant sur les informations fournies par les marques et les autorités sanitaires.

Sources de référence

  • Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) – pages d’information sur les PFAS, les polluants éternels et les avis d’expertise relatifs aux risques sanitaires, incluant les avis 2019–2023 sur les PFAS dans l’eau destinée à la consommation humaine.
  • Agence européenne des produits chimiques (ECHA) – dossiers réglementaires, fiches substances consacrées aux PFAS et propositions de restriction au titre du règlement REACH, notamment le projet de restriction large déposé en 2023 par plusieurs États membres.
  • Ministère de la Santé et de la Prévention, France – communiqués et dossiers thématiques sur la gestion des PFAS dans l’eau, les produits de consommation et les cosmétiques, incluant les références à la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 et aux futurs décrets d’application.
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